La Mérule

Encore peu connue du grand public, la mérule est le champignon lignivore le plus nocif et destructeur pour nos habitations.
Présente dans 50 départements en France et provoquant des ravages en Bretagne, Normandie et dans le Nord, la mérule laisse les propriétaires d’habitations atteintes dans la plus grande détresse : Maison inhabitable, travaux de réhabilitation au coût exorbitant, non couverts par l’assurance habitation, bref,une véritable catastrophe.

Dégat et nuisance de la mérule

Les dégâts de la mérule sont assez variés, mais surtout, ils sont souvent de grande ampleur. Se développant à l’abri des regards, bien cachée derrière plinthes, lambris, revêtements de sols divers, elle n’apparait que lorsque son invasion est très importante. Voilà pourquoi entre le traitement pour l’éliminer et la rénovation qui s’ensuit, la facture est souvent lourde.

La mérule attaque tous les types de bois, à part quelques essences tropicales (iroko, douka, makoré, doussié). Sinon, elle marque une préférence pour les résineux, sans exclure les feuillus. Pourquoi ces bois-là ? Tout simplement parce qu’ils sont « tendres », c’est-à-dire qu’ils sont ceux qui possèdent un meilleur taux d’humidité et donc sont les plus faciles à assimiler. Ces bois-là sont également les moins chers, donc ceux que l’on retrouve le plus fréquemment sur une majorité de constructions…imaginez toutes les possibilités de croissance pour la mérule !

Vous verrez les bois changer de couleur, devenir plus bruns, ils s’effritent et se morcellent du fait de la disparition de la cellulose. Si les bois attaqués sont peint, alors vous verrez qu’ils se boursoufleront et se craquelleront.

On peut voir les parquets et plinthes gondoler et sentir une forte odeur de champignon.

Faisons le tour de ses méfaits :

Dégâts sur maçonnerie et autres : Lorsqu’elle traverse la maçonnerie, par le biais des joints de ciment ou des briques poreuses, sans les détruire elle abime ces matériaux et détériore les murs. Sans compter qu’elle se plait à entourer les fils électriques….devons-nous vous rappeler que la mérule est pleureuse et que eau et électricité font des étincelles ?

La pourriture cubique :Voici la maladie qu’elle engendre sur les bois. Cela confère au bois attaqué un aspect calciné de couleur brune. L’assaut du bois provoque des cassures selon trois plans perpendiculaires. Le bois prend une couleur jaune, puis brune. Au dernier stade, lorsque l’on touche le bois, il se délite en petits cubes qui s’effritent et se réduisent en poudre.

Effondrement :Les hyphes de la mérule sécrètent des enzymes qui hydrolysent la cellulose, faisant perdre la structure interne du bois. Les fibres perdent toute résistance mécanique et n’assurent plus leur rôle de soutien. Evidemment l’effondrement est moins grave pour une armoire, mais il est dramatique et gravissime lorsqu’il s’agit de planchers, bâtis, charpentes et poutres.

Insalubrité : De par les risques à la fois sanitaires et de sécurité, il est impératif de quitter les lieux infestés, votre maison est devenue impropre à l’habitation. Il faut alors trouver de quoi se loger, acheter de nouveaux meubles (les anciens pourraient contenir des spores), faire attention de ne pas contaminer le nouveau lieu de résidence et pouvoir assumer deux loyers

Attention, la mérule se déplace !! L’homme, le vent, les animaux permettent aux spores de voyager et d’infester de nouveaux endroits.

Problèmes sanitaires

Les dégâts sur la maison ne sont pas les seuls. La mérule s’en prend aussi à votre santé et à celle de vos enfants ! Même si aucun problème d’irritation ou d’inflammation n’a été observé, en revanche, les problèmes respiratoires sont relativement fréquents. (Asthme, bronchites, sinusites, otites)

La présence d’asthme provoqué par la mérule a été mise en évidence par des études menées dans les années 50 en Angleterre (travaux de Frankland) et confirmée une décennie plus tard par une étude allemande (travaux de Herxheimer) .et ceci aussi bien chez des personnes qui n’avaient pas d’asthme que chez des personnes déjà atteintes.

Par ailleurs, les spores de la mérule sont allergènes et si certains amateurs gastronomes en doutaient, elle est de plus toxique à l’ingestion ! Non, la mérule n’a rien pour elle !

Quoiq »il en soit, l’humidité trop présente dans une habitation est de toute façon nocive pour la santé, car elle favorise les allergies, bronchites, asthme, otites, sinusites et problèmes ORL.

En France on estime à 20% les maisons présentant un taux d’humidité au-delà de la norme.

La prévention :

Pour éviter au maximum toute apparition de la mérule, voici quelques mesures simples à mettre en place.

Réparez toutes les fuites présentes, ventilez les pièces qui ne sont pas ouvertes régulièrement ou qui ne présentent pas d’ouverture, comme bien souvent les sanitaires.

Evitez les peintures et vernis imperméables qui ne permettent pas l’évaporation de l’eau.

Vérifiez également que les matériaux d’isolation ne permettent pas la condensation au contact du bois de la charpente.

Traitez préventivement le bois sain afin de le protéger !

Aérer les caves : depuis les années 60 la tendance a été de boucher les trappes de ventilation des caves, augmentant par ce geste la condensation. Si l’on considère que l’on a de plus changé la destination des caves, qui auparavant servaient à stocker le charbon, par le stockage de nos meubles, journaux, papiers divers bref, tout ce qui attire la mérule……on réalise que l’homme est grandement responsable de la croissance du champignon.

Avant tout traitement, il est impératif d’assainir l’endroit infesté en limitant la présence d’eau. Un champignon dans une maison dénote un taux d’humidité trop élevé et donc anormal. Sans présence d’eau, le champignon ne peut pas germer et ses filaments ne peuvent plus croître. Il faut ventiler la pièce en attendant le passage du spécialiste. Il faut aussi passer l’aspirateur pour limiter le transport de spores.

Sont à surveiller les bâtiments ayant subi l’intervention des pompiers suite à un incendie, car ils peuvent être propices à accueillir des champignons dont la mérule.

Enfin il est conseillé de vérifier l’état du bois conservé dans les caves humides.

Petit tour des conditions favorables à son développement

Un taux moyen d’humidité du bois compris entre 22% et 35%.Au-delà de 40%, elle ne peut plus se développer, au-deçà de 22%, c’est la mort assurée.

Une température optimale comprise entre 20 et 26°C.Elle ne supporte pas les températures extrêmes élevées ; quant au gel, les études ne se penchent pas dessus, considérant qu’il ne gèle jamais dans une habitation.

Une atmosphère globalement confinée, obscure et si possible avec des vapeurs d’ammoniaque. Autrement dit, elle affectionne particulièrement salles de bain et cabinets de wc.La mérule a peu de besoin d’oxygène, aussi, elle parvient toujours à se développer suffisamment.

Bien entendu, il y a aussi des conditions défavorables à la poursuite de son développement

La perte d’humidité globale.

La mérule est incapable d’absorber l’humidité atmosphérique, il lui faut donc de l’eau dans son environnement direct.

La baisse entre 20% et 30% de la teneur en eau du bois.

Une température extérieure comprise entre 28° et 35°C.

Mais oubliez les réjouissances, amoindrie n’est pas vaincue :la mérule se mettra en phase de sommeil, patientant tranquillement pour que les conditions redeviennent clémentes à sa croissance…et cette phase peut durer plusieurs années.

En revanche, rassurons-nous un peu, elle ne survivra pas à ces conditions :

Taux d’humidité du bois inférieur à 20%.

Air normalement humide.

température supérieure à 35°C durant plus de 6 heures ou supérieure à 45°C durant plus de 15 minutes.

Il est à préciser que si votre habitation ne présente pas de pièce humide et si l’aération est bonne, vous ne fournissez pas un endroit idéal.

La mérule se développe dans l’obscurité, derrière les plinthes, les plafonds, sous les revêtements de sols. Cachée de la sorte, on ne constate sa présence que lorsque le bois détérioré est totalement dégradé.

Elle attaque la cellulose des éléments qu’elle affaiblit, sans toutefois toucher à la lignine (partie composant le bois).

Le développement de la mérule se déroule en deux phases :

1/ Formation végétative : Durant cette phase elle s’étend petit à petit,mais assez rapidement malgré tout,car elle peut grandir de 4mm par jour voire jusqu’à 12 cm par semaine…les plus grandes mérules observées mesuraient environ 8 mètres ; effrayant, non ? Sa forme est arrondie blanchâtre, plutôt cotonneuse et l’épaisseur se situe entre 5 et 50mm.Pour s’amplifier, la mérule fait croître des filaments fins dénommés rizomorphes. En premier lieu ils sont blancs et plutôt mous, ils deviennent par la suite rigides et changent de couleur partant du jaune, en passant par le gris, le roux, pour terminer noir. Ces cordons assurent le développement du champignon par le transport d’eau et de substances nutritives nécessaires à sa survie et à sa croissance. .… Grâce à l’eau ainsi conduite, la mérule poursuit son offensive sur le bois et le dévore petit à petit. Les rizomorphes forment un réseau très ramifié (les ramifications s’appellent hyphes) peuvent mesurer jusqu’à 10 mètres et sont capables de traverser les maçonneries. C’est ce mécanisme qui lui permet de se développer sur de larges surfaces, comme de la maçonnerie dont elle ne peut se nourrir. La mérule se nourrit via son mycelium, qui a une double action : sécrétion et absorption. Il sécrète des enzymes qui dégradent le bois et absorbe les éléments utiles à sa survie.

2/ Phase de reproduction :Bien que la lumière inhibe sa croissance, elle active aussi sa sporulation. Elle produit alors des spores qui se dispersent dans l’air et partent à la conquête d’autres surfaces. On peut apercevoir une poussière rougeâtre traduisant la présence de ces spores qui se déposera sur les surfaces environnantes. Son aspect se modifie également, elle devient plus consistante et prend une couleur plus brune, rouille avec des bords blancs. On dénomme cette phase « fructification » et le mycellium s’enrichit d’un carpophore autrement appelé sporophore, partie qui libère les spores.

Une spore se dépose sur une surface favorable à son développement, elle germe et engendre des filaments (hyphes) qui se développent sur la surface (mycelium).Alors la mérule peut continuer son travail de dégradation du bois tout en poursuivant son cycle de reproduction.

Comment la reconnaitre ?

La mérule ressemble à du coton épais et blanc, ou encore à une toile d’araignée qui tirera sur les gris. Vous verrez aussi des filaments gris argentés dont le diamètre est d’environ 6 à 8 mm et dont la longueur peut atteindre plusieurs mètres. Ces filaments pénètrent dans le bois et ont la capacité de passer à travers la maçonnerie. Lorsqu’ils sont secs, ces filaments sont cassants.

Si la mérule est déjà en phase de fructification, vous observerez un champignon plutôt dans les tons rouge brun, avec des spores rouges, dont l’ensemble est plutôt arrondi, mou, visqueux et en moyenne d’une épaisseur de un à deux centimètres. Les bords sont blancs.

Enfin, vous devriez sentir une forte odeur de champignon, autre signe alarmant.

Voici les endroits susceptibles d’accueillir la mérule : 

  • Les maisons anciennes, humides, ayant une mauvaise ventilation, ou des maisons inhabitées durant plusieurs mois, conditions favorables à son développement.
  • Les bois adossés ou encastrés :
  • Derrière une gouttière abîmée, une maçonnerie détériorée ou avec une fissure permettant une infiltration.
  • Un mur enterré non étanché ou non exposé au soleil et recouvert de végétation.
  • Les bois posés ou encastrés dans les caves ayant une mauvaise aération, dont le sol est en terre.
  • La proximité d’une fuite d’eau.
  • Les combles pas ou peu aérés
  • La proximité d’une fissure ou cassure de la cheminée, ou de tuiles.
  • Un mur froid derrière un meuble, un lambris.
  • La proximité de fenêtres en mauvais état, modifiées voire déplacées, et sans adaptation de la ventilation.
  • Un local peu ou pas chauffé avec une humidité persistante.
  • La mitoyenneté aide à la propagation de la mérule. Nous attirons votre attention sur les communes ou les quartiers frappés par une inondation.

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